La plume d'Éphigénie

 

Textes rédigés par Éphigénie (Marielle Gauthier), faisant suite aux textes de sa mère,

Andréa Gauthier, qui avait publié durant l'année du 75e sous le nom de Joséphine.


Merci Marielle pour ces beaux textes et ces beaux souvenirs!

Bonne lecture à vous tous...

La Plume d’Éphigénie #1

«Riche d’un passé pour créer l’avenir»

Il y a 100 ans, nos arrières grands-parents et nos grands-parents ont choisi de s’établir dans un pays neuf. Eh oui, je dis un pays, car pour ces gens qui vivaient dans des régions organisées, l’Abitibi offrait un total dépaysement. Tout était à faire. Ils ont construit La Reine.

Souvent les familles vivaient dans des maisons rudimentaires, des «camps». Il fallait donc construire maison pour la famille et bâtiment pour les animaux. Le «camp» est ensuite devenu un poulailler ou une remise. On le surnomme parfois «la vieille maison» ou la «petite maison».

À ces occasions le voisinage intervenait et il y avait corvée. Vous savez, ce travail collectif effectué gratuitement pour aider à la réalisation d’un projet. Bon nombre de bâtiments sont ainsi construits.

Les organismes de la place, (Cercle de Fermières, Dames de Ste-Anne, Loisirs, etc…) ont pris en main l’organisation des activités de financement pour les biens communautaires.

On a besoin d’acheter des nappes, des objets religieux pour l’église,… on organise soit une tombola, un bingo, un souper, une vente d’artisanat, un tirage, etc…, pour avoir les fonds et ensuite on achète les biens nécessaires pour l’aménagement de notre église.

«Les temps ont bien changé», direz-vous! Pas tant que çà.

A La Reine, les organismes continuent de faire des activités. Les gens ont ainsi l’occasion de se rencontrer, de fraterniser, de partager. Fête de Noël pour les enfants, partie de tire sur la neige, brunch, soirées, ce sont toutes des occasions de resserrer les liens de notre communauté.

Voyez ce que les gens ont fait cette année pour l’aménagement et la décoration de notre nouvelle chapelle. Plusieurs personnes ont contribué généreusement, en fournissant temps, talents et argent, pour mener à bien ce beau projet.

Ce que nous appelions corvée devient bénévolat, entraide, partage. Mais derrière chaque action posée pour le bien-être de la communauté, il y a des gens qui partagent temps et connaissances.

À tous ces gens, nous disons merci.

C’est ainsi que nous partageons et transmettons à notre tour cet esprit d’entraide, ce bénévolat.

À suivre……

Ephygénie

 

La Plume d’Éphigénie #2

«Riche d’un passé pour créer l’avenir»

Chez nous de génération en génération

Depuis plus de cent ans, bien des gens ont choisis de s’établir à La Reine. Certaines familles y ont créé des racines depuis les premières années. Quelques-uns, après une période d’absence, sont revenus et leurs enfants et petits-enfants y vivent toujours.

D’autres n’ont pu y demeurer. Cependant, La Reine est resté dans leur cœur, les souvenirs bien ancrés, pour toujours. Certains possèdent encore la propriété familiale, devenue leur résidence secondaire.

Nous retrouvons des descendants des pionniers de la première heure, dans plusieurs rangs tout comme au village, même si ce n’est pas toujours sur le lot du premier parent.

Certaines familles en sont à la cinquième et la sixième génération.

Dans le secteur agricole, le patrimoine familial s’est parfois transmis aux descendants de la famille, depuis une centaine d’années.

Pour ceux qui ont dû quitter La Reine, les lots ont été rachetés par les voisins, leur permettant de développer leur ferme, pour mieux en vivre, même si cette vie n’est pas toujours facile. Et le hasard s’en mêlant, il arrive que le nouveau propriétaire soit le petit-fils (ou fille), ou petit-neveu (ou nièce) de cet ancien propriétaire.

Aujourd’hui, malgré le fait qu’il n’y ait plus d’école, bien des jeunes familles choisissent de revenir vivre ici, ou de s’établir chez nous pour mieux voir grandir leurs enfants.

Le milieu est agréable, dynamique, et les amateurs de plein air sont choyés par la proximité de la rivière, de la forêt. La pêche, la chasse, les randonnées en bateau ou en kayak ou encore en canot, la motoneige ou le véhicule tout terrain, autant d’activités dont les gens peuvent profiter à proximité.

Tout le monde en profite. La Reine reste jeune.

Et cette année le retour du base-ball pour les enfants, quelle belle initiative!

À suivre…………..

Ephigénie

 

La Plume d’Éphigénie #3

Riches d’un passé pour créer l’avenir»

En 1917 et même avant, ceux qui s’établissent à La Reine avec leur famille, ont du pain sur la planche. Tout est à faire. Avant l’arrivée des familles, la seule construction sur le lot est un camp rudimentaire pour avoir un toit sur la tête, et parfois une petite écurie pour les chevaux.

Donc, en plus du défrichage, il faut construire une maison et les bâtiments nécessaires pour l’élevage (grange-étable, boutique et tout autre bâtiment nécessaire). Le camp devient alors le poulailler ou une simple remise.

Les mères de familles travaillent fort. Elles ne peuvent se ménager. La maison, les enfants, le grand jardin potager, en plus de la traite des vaches et souvent les travaux aux champs pour les foins et les récoltes.

Le potager est important, car ce sont les réserves de légumes pour l’hiver qu’il faut emmagasiner au caveau et s’assurer qu’ils se conserveront bien et faire les conserves pour ceux qui sont périssables(marinades, etc…). La cueillette des petites fruits, tel que fraises, framboises, groseilles et bleuets n’est pas négligeable non plus. Elles sont la garantie de bonnes confitures qui rehausseront les desserts des occasions spéciales.

En plus de toutes ces tâches il faut coudre les vêtements de la famille, tricoter les bas, mitaines foulards et tuques, tisser les couvertures, les nappes, les tapis (aussi les tapis tressés), tout en berçant et consolant les enfants et en nourrissant la famille nombreuse.

Malgré tout, les femmes trouvent toujours du temps pour organiser une tombola, un bingo, et toute autre activité pour pouvoir acheter les ornements nécessaires pour l’église et les accessoires pour le presbytère, faire le grand ménage et bien s’amuser en famille avec les voisins et amis.

Elles fondent le Cercle de Fermières en 1933, dont le but est de transmettre notre patrimoine culturel en enseignant tous ces arts aux plus jeunes, favorisant ainsi une occasion pour les femmes de se rencontrer, de briser l’isolement. Cette transmission se poursuit encore aujourd’hui.

Malgré tout le travail que les femmes accomplissent, elles n’utilisent pas leur prénom ni leur nom dans ces années-là. Elles sont: Mme Joseph Perreault, Mme Léopold Roy, Mme Prosper Cossette, etc…. Aujourd’hui, nous constatons avec bonheur que ça change beaucoup. Les femmes ont le droit de vote et gardent leur identité tout au long de leur vie. Elles peuvent compter de plus en plus sur la participation du conjoint, font des carrières, tout en s’impliquant dans leur milieu.

Toutes nos mères et grand-mères que sont-elles devenues et quel héritage ont-elles laissé!

À suivre…………..

Ephigénie

 

 

La Plume d’Éphigénie #4

Riche d’un passé pour créer l’avenir»

Il y a 25 ans Joséphine nous racontait la vie au début de la paroisse. Mais ensuite, que sont devenus les descendants de ces familles, ces descendants qui sont aujourd’hui nos ainés.

Les pionniers ont fondé une paroisse. Ils ont choisi de s’établir à La Reine pour diverses raisons, espérant y trouver une vie meilleure, ou encore y vivre de nouveaux défis. Mais ensuite, que sont devenus leurs enfants….

En fondant leur famille, plusieurs ont choisi de vivre ici, dans leur milieu, là où ils ont grandi.

Certains, ont poursuivi le rêve de leurs parents et ont continué le développement agricole. On disait un lot, une maison. Les autres, qui ont préféré la forêt à l’agriculture, ont dû pour gagner leur vie et celle de leur famille, s’éloigner, partir pour deux à trois mois, au début, et ensuite à la semaine.

Le bois étant transporté par voie navigable à la scierie, celles-ci étaient près des cours d’eau, et le plus près possible de la forêt. Aujourd’hui bien sûr, avec le transport par camion, l’industrie forestière, ne dépend plus des voies navigables, pour le transport du bois. Mais ça, c’est un autre sujet.

Les routes se développant, les travailleurs ont pu «sortir» plus souvent du bois, malgré le fait qu’ils devaient faire à pied certaines distances, dans des sentiers (« trails ») et profiter de la vie de famille un peu plus.

C’était également l’occasion de fêter, de participer à la vie sociale de la paroisse

En les écoutant jaser, nous découvrons tout un coté de l’histoire de nos familles, et de ce qu’elles ont vécu, de la détermination de ces chefs de famille à accepter les sacrifices nécessaires pour assurer une vie agréable aux leurs.

Evidemment, lorqu’on leur en parle, en toute modestie, ils trouvent normal ce qu’ils ont fait pour gagner leur vie. Ils vous diront que tout le monde était pareil. C’est vrai, mais ça ne diminue pas la valeur de leurs actes, ni les responsabilités qu’ils confiaient, malgré eux, à leur famille et l’ennui qu’ils vivaient en étant éloignés.

Leur détermination a permis de bâtir La Reine, et de permettre aux gens qui y vivent d’être heureux

À suivre…………..

Ephigénie

 

 

La Plume d’Éphigénie #5

«Riche d’un passé pour créer l’avenir»

Plus que neuf mois et demi avant les célébrations du 100e de La Reine. Le temps passe si vite.

Le comité en place travaille d’arrache-pied pour que tout soit parfait, que chacun y trouve, ou y retrouve la joie de vivre et le bien-être qu’il a connu dans sa jeunesse.

C’est un noyau fort, qui se développe et grandit au sein de notre communauté, tout comme une famille se forme et s’agrandit sans cesse.

Sans ce noyau qui planifie et met tout en place, ce serait l’anarchie. Soit il n’y aurait aucun chef, soit il n’y aurait que des chefs et aucun exécutant. C’est le rôle du conseil municipal.

Mais, il y a encore plus. Il faut des satellites qui tournent autour de ce noyau, car le conseil ne peut agir seul. Ces satellites ce sont nos organismes, nos bénévoles qui unissent leurs forces et réalisent tout ce que nous retrouvons dans notre milieu de vie.

Au sein de nos familles, l’union de nos parents a formé ce noyau et un satellite s’ajoute à chaque naissance. Ils dirigent avec amour et tendresse, veillent à ce que chacun puisse s’épanouir et devenir à son tour ce noyau qui continuera de grandir et d’étendre ses ramifications. Les parents nous préparent à jouer notre rôle à notre tour, avec bonheur.

Lorsque ce noyau se brise, toute la communauté se désole, nous perdons nos repères. Les rôles sont modifiés et il faut s’adapter à ces changements. C’est ce que personne ne peut nous apprendre. Il faut le vivre, et en harmonie reformer un nouveau noyau, un peu comme une danse qui compte plusieurs figures et que nous devons exécuter sans trébucher.

Novembre arrive. C’est le mois ou nous avons une pensée particulière pour nos parents et amis défunts.

A La Reine cette année, plusieurs nous ont quittés. Des personnes qui ont formé des noyaux fort, tant sur le plan familial que paroissial. Nous avions encore tant de choses à apprendre d’eux. Nous avons l’impression que leur mission n’est pas terminée. Mais faisons confiance à la vie. La voie est tracée et la mission se poursuit. Ce que nous avons l’impression de ne pas avoir appris, nous le découvrirons autrement pour le plus grand bonheur de tous.

 

À suivre…………..

Ephigénie

 

 

La Plume d’Éphigénie #6

«Riche d’un passé pour créer l’avenir»

Une première tempête de neige; vents violents, neige, poudrerie, tout un cocktail météo. Depuis deux jours que ça dure. Pourtant, il y a de l’école, tout le monde se rend à son travail. Autobus et auto ont continué de circuler. Aucun chemin fermé.

C’était différent dans «l’ancien temps», comme disent mes petits enfants. Mais il y avait beaucoup de travail encore à faire pour être prêt pour l’hiver.

À ce temps-ci de l’année, après les récoltes, on se préparait pour l’hiver. Dès que le temps devenait assez froid, on faisait boucherie. Plus de risque de perdre la viande à cause de la chaleur. Ensuite, il y avait la préparation de la charcuterie, salage de la viande, boudin, etc… Rien n’était perdu de ces pièces de viande. Tout comme la récolte des légumes, la viande devait nourrir la famille pour la majeure partie de la prochaine année. On achetait au magasin général que les denrées que l’on ne pouvait produire et qui étaient nécessaires à la confection des mets qui garnissaient nos tables et nourrissaient nos familles.

L’hiver, il ne manquait pas d’ouvrage, même si la nature semblait assoupie sous la neige. Le rouet ronronnait dans la maison, pour filer la laine, les aiguilles cliquetaient pour réaliser les bas, mitaines, tuques et foulards nécessaires pour affronter le froid; le métier monté dans un coin de la salle de séjour fournissait de belles couvertures de laines, des catalognes et des torchons à vaisselles (eh oui, des torchons; c’est ainsi que l’on disait dans ce temps-là, et non des linges à vaisselles) et tout autre linge de maison nécessaire. Les vêtements, presque tous confectionnés par maman justifiaient la présence du moulin à coudre dans un autre coin de la cuisine.

Le pétrin n’était pas seulement décoratif. Il servait à préparer le pain pour la semaine ou au moins pour les deux ou trois jours qui suivaient la «cuite».

D’autres préparatifs commençaient également. Noël approchait et on s’y préparait fébrilement. Les quatre semaines qui précèdent cette Fête, qu’on appelle «Avent», nous préparent à célébrer cette Fête religieuse. Il y a également les cadeaux pour les enfants, ensuite ce sont les réjouissances en famille. On en profite le mieux possible. Mais ça on en reparlera.

 

À suivre…………..

 

Ephigénie

 

 

La Plume d’Éphigénie #7

«Riche d’un passé pour créer l’avenir»

Ce mois-ci, j’offre ce texte à mes enfants et à mes petits-enfants d’une façon toute particulière, ainsi qu’ à tous les descendants de Joséphine.

Lorsque j’étais enfant, les préparatifs pour la période des Fêtes commençaient tôt. Partageons ce souvenir.

Noël approche et on s’y prépare fébrilement. Les quatre semaines qui précèdent cette Fête, qu’on appelle «Avent», nous préparent à célébrer cette Fête religieuse. Il y a également les cadeaux pour les enfants et les réjouissances en famille.

Je me rappelle quand on revient de l’école en décembre. Les bonnes odeurs de cuisine, en arrivant. Pourtant, on ne voit rien. On demande ce qu’il y a pour souper, mais même s’il est délicieux, le repas ne rappelle rien des bonnes odeurs perçues au retour de l’école. À chaque jour nouvelle bonne odeur, mais jamais aucun des mets que nous espérons.

Il en est de même pour les décorations. Le 8 décembre, nous partons pour l’école et à notre retour, les lumières sont allumées dans les arbres dehors, apportant déjà un peu plus de la magie de Noël. Cette date est déterminante. Il faut que les décorations à l’extérieur de la maison soient installées.

Dans la maison, rien ne change. Pourtant, nous sommes dans l’attente. La musique de Noël, la chorale pour la messe de minuit, le catalogue de jouets, notre liste de cadeaux que l’on désire.

Mais ce qui nous fait le plus plaisir, c’était de prendre les lettres dans notre boîte aux lettres. C’est le temps des cartes de Noël. Toutes plus belles les unes que les autres, nous avons des nouvelles de nos oncles et tantes, et de nos cousins. En attendant de les voir dans le Temps des Fêtes, quel plaisir!

Enfin, vers le 20 ou 21 décembre, le sapin de Noël est installé, dans le séjour, bien visible, quel que soit l’endroit où nous sommes, juste assez en retrait pour pouvoir recevoir pleins d’invités pour les festivités qui approchent de plus en plus. Mais toujours pas de décorations dans le sapin. Nous sommes toujours dans l’attente, mais que c’est difficile parfois. Nous voulons qu’il soit décoré. C’est alors qu’un petit miracle arrive. Grâce à la magie de Noël, le lendemain matin, tout est décoré. Il ne manque rien. Toutes les belles boules de Noël, les glaçons, et même la crèche sous le sapin. Il ne manque que l’Enfant Jésus dans la crèche, mais comme ma mère me l’a expliqué, il n’est pas encore né.

Enfin le 24 décembre arrive. La journée de tous les espoirs. La messe de minuit, tous ces beaux chants. Cependant, une dernière chose à faire avant de partir pour la messe. Nous déposons chacun un bas sous le sapin pour que l’enfant Jésus puisse mettre notre cadeau sous l’arbre, sous notre bas, sans oublier qui que ce soit. Eh oui, chez nous, ce n’est pas le père Noël qui donne les cadeaux, c’est le Petit Jésus. L’Esprit de Noël est sur nous, sur notre maison.

Au retour, le réveillon est prêt. Nous en avons plein les yeux en voyant la table mise avec un soin tout particulier, et tous ces plats qui sentent si bons.

Il y a cependant une chose que je n’ai jamais compris. Comment les cadeaux sont déposés sous le Sapin de Noël, et la table dressée pour le réveillon. Sûrement, c’est l’Esprit de Noël qui opère cette magie.

Mais comme tous les enfants, nous avons hâte d’ouvrir notre cadeau. Oui, mes petits-enfants, notre cadeau. Nous n’en avions qu’un seul. Vous comprenez qu’en préparant notre liste, nous devons y réfléchir sérieusement. Et même avec la liste que nous avons faite, il n’est pas certain que le cadeau reçu soit sur cette liste. Par contre, nous apprécions ce cadeau, car souvent, c’est quelque chose dont nous avons besoin, et ça nous fait très plaisir.

Enfin, c’est le temps de chanter et de goûter tous ces bons plats que maman a préparé, presqu’en secret. Ensuite, le reste des vacances de Noël se poursuit en soupers de famille, soirée de chants, de danse et de jeux. Ça dure jusqu’au 6 janvier. Les hommes font la tournée des maisons, pour chauffer la fournaise. Ils partent <a plusieurs et souvent ça se prolonge et lorsqu’ils reviennent ils sont de bien bonne humeur. Les sets carrés recommencent, et les chansons à répondre. Le lunch avant de repartir chacun chez soi…

Quels beaux souvenirs.

L’un des souvenirs le plus important, se passe le matin du jour de l’an. Nos parents nous réveillent assez tôt pour assister à la messe du Jour de l’An.

Mais avant la messe, il y a une tradition importante pour la famille. Cette tradition nous confirme tout l’amour que nous porte notre père, et soude la famille d’une façon spéciale. Il s’agit de la Bénédiction Paternelle.

Moment chargé d’émotions pour toute la famille, alors que notre père exprime tout l’amour qu’il a pour ses enfants, et qu’il en profite pour nous bénir au «nom du Père, du Fils et du Saint Esprit». Ensuite les souhaits de Bonne Année , la petite «ponse» de gin et la Fête continue, après la messe. Visite aux grands-parents, oncles et tantes…..

A tous, je souhaite que cette magie du Temps des Fêtes se poursuive, et se transmette de génération en génération.

À suivre……

 

Ephigénie

 

 

La Plume d’Éphigénie #8

«Riche d’un passé pour créer l’avenir»

Nous sommes déjà en 2017. Je vous souhaite une belle année emplie de santé, de joie, de paix et d’amour. Plus que six mois, (cent quatre-vingt-quatre jours) avant les célébrations du 100e anniversaire de La Reine. Le temps file à toute allure.

Nous avons eu l’an dernier quelques rencontres avec nos aînés. Que de plaisirs partagés. Ils nous ont rappelé comment ça se passait, il y a quarante, cinquante ans, parfois plus de soixante ans.

Il y a eu des périodes difficiles et d’autres dont on peut dire «c’était le bon temps.» Ce que nous retenons de ces différentes années, c’est le plaisir, la joie de vivre, accepter la vie telle qu’elle se présente, prendre les moyens nécessaires pour l’améliorer, faire des projets, fonder une famille et la voir grandir dans le bonheur; permettre aux enfants de faire des études. Regarder en avant, vers le futur.

Autrefois, vivre à la campagne signifiait être cultivateur. On sait que le travail ne manque pas, et que toute la famille doit y participer. Par contre, il y a l’espace, un rythme de vie différent. Vivre au village, signifie pour plusieurs familles de voir le père partir le dimanche soir et ne revenir que le vendredi ou samedi suivant, car le travail oblige à passer la semaine dans les «camps» de bûcherons, là où se trouve leur gagne-pain. Certains, plus rares, ont la chance d’être avec leur famille chaque soir. Pour les enfants, c’est une vie différente de celle de la campagne; le terrain de jeux n’a pas la même dimension, et le temps de jeu n’est souvent pas le même. Aujourd’hui, c’est différent, bien que plusieurs partent encore pour de longues périodes pour le travail.

Les liens qui se tissent entre voisins sont également différents. L’école de rang regroupe tous les jeunes de la première à la septième année dans le même local. La maitresse d’école a du pain sur la planche. Cette proximité développe un lien particulier entre cette belle jeunesse. Bien sûr, même si au village, l’école comporte plusieurs classes, les apprentissages sont les mêmes. M. le curé et les commissaires d’école s’assurent que les maitresses soient compétentes et respectent l’enseignement à transmettre, du moins jusqu’à ce que ces jeunes enseignantes se marient; car ensuite, au moins au début, elles ne pouvaient poursuivre leur carrière. Comme toutes les épouses et mères, elles ont transmis leurs connaissances à leurs enfants, et se sont impliquées dans les différents organismes de la paroisse. Leur talent a été mis au service de la communauté.

Nous possédons tous des talents que nous devons utiliser et développer pour apporter notre grain de sel à la vie dans notre paroisse. Une belle voix,….on chante, un talent artistique, ……on en fait profiter les autres, de la créativité,… on partage et on développe nos idée,…une bonne cuisinière,….justement nous en aurons besoin lors des festivités. Mais nous reparlerons des écoles et de la religion ainsi que de tous ces autres sujets que nous voulons faire connaitre à notre jeunesse

À suivre…………..

Ephigénie

 

 

La Plume d’Éphigénie #9

«Riches d’un passé pour créer l’avenir»

«Riches d’un passé pour créer l’avenir» Quel beau thème. Quelle richesse de tout ce que nous avons appris, de ce qu’est La Reine. La Reine, c’est chacun de nous, et nous tous ensemble. Pas seulement un petit village quelque part sur la carte.

Lorsque nous abordons notre histoire, l’école revient régulièrement dans nos conversations. Je suppose que c’est une partie de notre vie particulièrement agréable. Et si on en parlait un peu.

Dès 1917, une première école de rang ouvre ses portes au rang 8, avec Madame Mélanie Gauthier comme enseignante diplômée. Le local est fourni par Joseph Edmond Gauthier. À partir de 1918, les écoles se sont ajoutées dans les autres rangs et bientôt chaque rang a possédé son école et même parfois deux. Au village, il y a eu le couvent et les religieuses et à partir des années 1950 le collège, avec la venue des religieux.

Mais je veux parler des enseignants. Leur tâche n’est pas simple. Dans les écoles de rang, il n’y a qu’une enseignante; on l’appelle «la maîtresse d’école». Elle enseigne aux jeunes de la 1ère à la 7e année. Elle vit généralement seule dans un très petit logement à l’arrière de l’école. Quelle vie solitaire. Certaines préfèrent être pensionnaires dans une famille qui demeure près de l’école. C’est ainsi que Joséphine a rencontré celui qui est devenu son époux, mon père. Pas à ce moment-là, bien sûr, mais plus tard, alors qu’elle enseignait dans une autre paroisse. Elle ne pouvait fréquenter le fils de la maison où elle était pensionnaire. Il ne faut pas oublier qu’elle devait être exemplaire.

Je veux leur rendre un hommage à toutes ces dames. Soutenues par les parents, elles ont su transmettre aux enfants les bases de leurs connaissances, leur apprendre la lecture et l’écriture ainsi que le calcul, le catéchisme, la géographie, l’histoire et autres matières tel que l’enseig